LES PETITS EDIFICES RELIGIEUX

Disséminés sur le territoire de la commune, les petits édifices religieux se font parfois si discrets qu’ils passent presque inaperçus. Santes en compte quinze : chapelle, niches murales, calvaires, statues et grotte auxquels il faut ajouter ceux aujourd’hui disparus et ceux qui n’ont peut-être pas été répertoriés.
Situés le long des routes, à un carrefour, sur une façade ou dans une cour, ces petits édifices sont un autre aspect des pratiques religieuses. Construits à l’initiative d’un particulier ou d’un groupe de paroissiens, ils ont été édifiés le plus souvent sur une propriété privée et sont souvent encore à la charge des particuliers. Parfois la commune en a acquis et les entretient pour sauvegarder ces témoignages de l’histoire de Santes et valoriser le patrimoine architectural rural. Ces édifices ont été le plus souvent érigés en remerciement suite à une guérison, un accident, la guerre ou par simple piété. Il était de tradition en passant devant un calvaire ou une chapelle de s’arrêter et de se signer.

I. LES CHAPELLES ET NICHES MURALES


1. La chapelle Notre-Dame de Lourdes
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Cette très belle chapelle située vers l’extrémité de la rue Clémenceau est la seule de Santes. Elle est construite en briques et en pierres sur un plan rectangulaire avec abside arrondie, selon un style néo-roman.
La façade est appareillée en rouge-barre avec un soubassement en grès.
Le tympan en plein cintre est sculpté de motifs végétaux entrelacés encadrant une plaque portant la mention « Hommage à Notre Dame de Lourdes ». Il est doublé d’un arc en pierre et en brique, surmonté d’un médaillon circulaire sculpté des lettres entrelacées N D L pour Notre-Dame de Lourdes. Au sommet du fronton, il reste la base d’une croix disparue.
La façade est épaulée de quatre contreforts surmontés de pinacles.
La chapelle est éclairée par la double porte vitrée, par quatre oculus disposés par deux de chaque côté et par une lucarne dans la toiture de l’abside. La toiture en zinc et l’intérieur ont été rénovés en 2004 suite à l’acquisition de la chapelle par la commune. A cette occasion la petite porte sur le côté gauche, permettant aux anciens propriétaires de se rendre dans la chapelle depuis leur jardin, a été murée.
Le dimanche 27 juin 2004, la messe dominicale fut célébrée devant la chapelle pour marquer la fin de la restauration.

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Tympan de la chapelle

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L’autel et la Vierge Notre-Dame de Lourdes

La chapelle a été érigée par la famille DELANNOY. Louis DELANNOY et sa sœur Clémence, originaires de Tourcoing, âgés de 35 et 25 ans, propriétaires et déjà rentiers en 1861, étaient venus s’installer à Santes. Leur mère avait acheté, peu avant de mourir en 1858, la maison de l’ancien meunier François DESMAZIERES, fabricant d’huile (189 rue Clémenceau). Le moulin à huile, situé derrière la maison, avait alors été détruit et la maison avait été aménagée et agrandie pour accueillir principalement Louis DELANNOY afin qu’il prenne l’air de la campagne. Il épousa en 1864 Octavie DEFONTAINE, originaire d’Hamblain-les-Près dont il eut six enfants et il fit construire à la même époque une villa (n°185 rue Clémenceau) à côté de la maison achetée par sa mère. C’est en 1873 que la chapelle fut érigée en mitoyenneté de terrain des deux villas. La tradition veut qu’un fils DELANNOY, ayant voulu arrêter un cheval emballé, fut piétiné par l’animal qui lui brisa les os. Les parents firent le vœu de construire une chapelle dédiée à la Vierge si l’enfant guérissait.
Le 15 août, la procession du vœu de Louis XIII en l’honneur de la Vierge se rendait à la chapelle et les familles, accompagnées de leurs enfants, venaient les faire bénir (voir page 280).
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Plaque scellée au dessus de l’arcade s’ouvrant sur l’abside de la chapelle et posée en 1908 pour le cinquantenaire des apparitions de Lourdes. 32 ex-voto sont accrochés sur le mur droit de la chapelle couvrant la période 1901-1991

2. Les niches murales
Les niches murales forment des petites chapelles aménagées dans les murs des maisons ou des fermes. Leur architecture souvent assez simple est parfois plus recherchée par l’appareillage des briques ou la présence d’autres matériaux. Les raisons de leur construction sont souvent mal connues : piété des propriétaires, attirer la protection sur le logis et ses occupants, protéger de la maladie, des voleurs ou de la foudre. Souvent discrètes et pas toujours visibles de la route, quatre ont été dénombrées, plus une aujourd’hui disparue.

Niche à la Vierge – 179 rue Clémenceau.
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Cette niche se trouve au dessus de l’entrée de garage de cette maison construite en front à rue. Elle abrite une statue polychrome d’une Vierge debout sur un globe. Cette maison était autrefois habitée par Parfait VIENNE.

Niche de la ferme BURETTE – 73 rue du Pays Perdu.
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Cette niche se trouvait au dessus de la porte d’entrée de la maison de la ferme de Gabriel BURETTE. Surmontée d’un fronton triangulaire en brique, et abritant une statue de l’Immaculée Conception, elle datait comme la maison de la reconstruction qui suivit la première guerre mondiale. La ferme a été détruite en avril 2015.

Niche de la ferme du Bois de la Rive
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Cette belle niche se trouve dans la cour intérieure de la ferme du Bois de la Rive sur le mur de grange faisant face à l’habitation de cette ferme au carré. La Vierge est abritée sous un arc en plein cintre et l’ensemble de la niche est rehaussé par un triple contour : le premier en briques blanches vernissées, le second en carreaux de faïence bleu et blanc et le troisième en briques ouvragées à champ mouluré. A la base de la niche, une frise de trois carreaux de faïence (représentant de la vigne) surmonte une rangée de briques bleu foncé vernissées.
La Vierge Notre-Dame de Lourdes, qui occupait cette niche aujourd’hui en mauvais état, a été emmenée par le dernier fermier exploitant la ferme. Les nouveaux propriétaires y ont installé en 2009 la statue d’une Vierge couronnée.
Cette niche date comme la grange d’avant 1914 et aurait été aménagée par les LALLEMANT-GRUYELLE, fermiers à partir d’environ 1889. A l’époque, la ferme était la propriété de la famille ARONIO de ROMBLAY, héritière du dernier seigneur de Santes. Cette ferme, autrefois entièrement entourée de douves, était le centre du fief du Bois de la Rive déjà mentionné en 1388.

Niche du porche du château de la Rache – 71 rue Jean Jaurès
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Cette niche ouverte et en brique se trouve au dos du porche et n’est visible que de la cour intérieure. Elle abrite une statue de l’Immaculée Conception. Ce beau porche en brique s’ouvre par un arc en plein cintre surmonté d’un fronton triangulaire interrompu orné d’une corniche en pierre blanche moulurée. Un cartouche aux sculptures florales se trouve au centre du fronton et en opposition de la niche au dos. De chaque côté du fronton, deux guirlandes ornent les piliers. Ces sculptures réalisées en pierre calcaire sont aujourd’hui fortement érodées.
Ce porche date de 1749, année de son édification rue St-Sébastien à l’entrée de la verrerie royale de Lille. Il fut démonté en 1900 par Henry LABBE qui le fit réédifier à l’entrée de son château de Santes.

  
II. LES CALVAIRES


Les calvaires sont des croix érigées souvent sur un petit tertre rappelant le Golgotha : le mont du crane (calva en latin) où fut crucifié le Christ.

1. Le calvaire du cimetière
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Dans le cimetière, le calvaire est un élément ancien et traditionnel consacrant cette terre aux inhumations chrétiennes.
Le christ en métal est attaché à une croix également en métal imitant des branches d’arbre et le tout est peint en blanc. Il est posé sur un socle en pierre formant une rocaille, au bout de la troisième allée latérale gauche. Il a été déplacé à plusieurs reprises.
Il fut édifié avec le legs de 500 francs que fit en 1863 avant de mourir Pierre LAMBLIN afin de construire un calvaire dans le nouveau cimetière. Dans son testament, son frère François, sa sœur et son beau-frère Anne-Marie LAMBLIN et Michel BUISINE, s’engageaient aussi à contribuer pour 500 francs chacun à la construction du calvaire. Le nouveau cimetière était alors le terrain donné en 1855 par les BERNARD pour agrandir le cimetière derrière la maison vicariale. En 1888, un calvaire y était en effet érigé à peu près à l’emplacement actuel et le legs LAMBLIN placé en rente sur l’Etat servait à son entretien.

Mais à la fin du XIXème siècle, le calvaire fut placé au bout de l’allée principale pour le mettre en valeur. Il fut ensuite reculé quand l’allée principale fut prolongée lors de l’agrandissement du cimetière. Pour éviter son déplacement à chaque agrandissement et à chaque prolongement de l’allée, il fut placé après 1920 à son emplacement actuel, retrouvant à peu près son emplacement initial.

Un deuxième calvaire plus ancien se trouvait dans l’ancien cimetière. Il était apposé sur la fenêtre centrale murée du chœur à l’abside de l’église. Il fut enlevé peu avant 1961 quand la fenêtre fut démurée pour recevoir un vitrail selon la volonté du curé d’alors Léon LANDRIEU. Le christ fut décapé et sous les couches de peinture apparut un christ en chêne expertisé du XVIème siècle et qui se trouve depuis à l’intérieur de l’église dans le chœur.

2. Le calvaire ROUSSEL – rue Foch
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Ce calvaire est un calvaire en chapelle datant de 1818.
La chapelle en brique est formée de deux pilastres encadrant une abside arrondie. Le fronton est habillé d’un lattis sur lequel apparaît une croix peinte. Le christ en bois est attaché à une très belle croix aux extrémités fleuronnées. Au-dessus de la tête, est apposée une coquille à la base de laquelle est sculpté un œil. De celle-ci partent en tous sens douze rayons.
L’ensemble est peint en blanc et repose sur un socle faisant office d’autel, notamment lors des processions du St-Sacrement où un reposoir était aménagé.

Le calvaire a été restauré en 1993. Les briques ont été décapées et le lattis a été posé. Auparavant la façade était enduite d’un ciment-crépi sur lequel était tracée au niveau du fronton une croix inscrite dans un cercle. La toiture en ardoise avait été refaite en 1989.

En août 1817, Denis ROUSSEL, 66 ans, cultivateur à Santes, souhaita ériger un calvaire sur une de ses propriétés en bordure de la rue principale. Le préfet chargea le maire, Pierre DELEVALLE, de réunir le conseil municipal pour statuer sur cette demande. Pour diverses raisons la délibération fut repoussée, le maire ayant probablement davantage à s’occuper des troupes saxonnes occupant Santes depuis 1816 et de la vente des biens communaux pour tenter de rembourser la dette FLAMEN.
Mais Denis ROUSSEL, voulant rapidement faire préparer son terrain en vue des travaux, relança le maire qui avec le conseil municipal approuva le 3 avril 1818 l’érection du calvaire « due à la piété » du demandeur. Ils mirent cependant une clause, demandant qu’un immeuble soit grevé pour assurer un revenu financier dans le temps afin d’assurer son entretien dont la commune ne voulait pas avoir la charge. Le préfet ayant approuvé cette condition, Jean-Baptiste COUSIN notaire à Haubourdin dressa le 20 juillet 1818 un acte notarié entre le maire Pierre DELEVALLE et Denis ROUSSEL. Ce dernier donna « à la commune de Santes le revenu annuel » d’une « pièce de un hectare six ares de terre […] jusqu’à concurrence de la hauteur des frais d’entretien ». Et pour plus de garanties, il consentit une hypothèque sur la propriété. Cette pièce de 10 600m², sur laquelle une parcelle de 200m² était consacrée à l’emplacement du calvaire, s’étendait derrière les maisons de la rue principale et le long de la rue du Blanc Ballot où furent plus tard construites les maisons sur le côté gauche.
Le christ en croix qui orne l’intérieur de ce calvaire-chapelle pourrait ne dater que de 1855, année où fut érigé, semble-t-il au calvaire, un christ de mission qui avait été exposé dans le chœur de l’église St-Pierre pendant la durée de la mission.

Denis ROUSSEL, né à Santes en 1751, avait vécu quelques temps à Ligny avant d’épouser à 51 ans en 1802 à Santes Marie-Madeleine HAZEBROUCQ, 50 ans, née à Santes en 1752. Le couple n’ayant pas d’enfant, après le décès de Denis ROUSSEL le 28 novembre 1836, le calvaire et la propriété grevée pour son entretien passèrent à son neveu Jean-Baptiste ROUSSEL puis au fils de ce dernier : Louis Désiré qui les léga à son gendre Achille BOUTRY. Ce dernier vendit vers 1927 la propriété à Florimond VANDENBROUCK. Quant au calvaire, il appartenait en 1926 à la veuve HERMAN demeurant à Montévrain (Seine-et-Marne), puis il passa à Raymond LENAERS-HERMAN demeurant à Paris.
La commune assure son entretien selon l’accord passé en 1818. Autrefois entouré de peupliers, le calvaire est précédé de deux robiniers encadrant l’allée y menant.

3. Le calvaire BAUVIN – rue de Wavrin
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Ce calvaire est érigé à la sortie de Santes à l’angle de la rue de Wavrin et du chemin de Neuville. Il est constitué d’une croix en métal imitant un tronc fiché sur un tertre de rocaille. Le christ, également en métal, a été repeint récemment en polychrome. L’ensemble est entouré d’un petit muret surmonté d’une grille. Cet enclos, agrémenté de fleurs, est entretenu par la famille BAUVIN.
Ce calvaire a été érigé en 1931 en action de grâces par les BAUVIN-LALLEMANT, fermiers de la ferme du Bois de la Rive. La naissance du cinquième enfant de Madeleine LALLEMANT et de Maurice BAUVIN s’annonçait mal selon le médecin qui diagnostiqua un risque de mort pour la mère et l’enfant. La naissance de Louise en octobre 1930 s’étant cependant bien déroulée, la famille en remerciement éleva le calvaire sur un morceau de terrain dépendant du chemin de Neuville.
Il fut béni et érigé le 15 mars 1931 suite à une grande procession qui traversa Santes et qui clôtura quinze jours de mission.

4. La croix de l’école Notre-Dame – 152 rue Foch.
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Le pignon en front à rue de l’école Notre-Dame est orné d’une grande croix. Elle est constituée de briques posées en relief et peintes en blanc. Cette aile de l’école, appelée Salle Ste-Thérèse a été construite en 1929 par le maçon ROMON, sur l’emplacement de l’ancienne maison des sœurs et de l’ancien château de la Blancarderie. Autrefois, sur le haut du pignon surmontant cette croix, était posée une statue de Ste-Thérèse qui fut bénite lors des vêpres solennelles du dimanche de Pâques 1929.


III. LES GROTTES


1. La grotte de l’orphelinat
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Cette petite grotte en pierre et en ciment, envahie par le lierre, se trouve derrière l’ancien orphelinat Wallaert, rue Koenig. Elle mesure environ 2m10 de haut sur 3m de long. De forme concave, une petite niche au creux de la grotte abritait une statue de la Vierge. A gauche de cette niche, une plaque était scellée. Il n’en reste que des morceaux avec des bribes d’inscriptions « R... NOTRE… » comme sur les dédicaces : Reconnaissance à Notre Dame.
Autrefois elle était entourée par le verger de l’orphelinat. Les sœurs de la Charité de St-Vincent de Paul, qui tenaient l’orphelinat depuis 1894, venaient y prier. Sur son emplacement, est prévu le creusement d’un étang de pêche.

2. La grotte Notre-Dame de Lourdes
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Cette grotte aujourd’hui détruite se trouvait en bordure de la rue Koenig à 180 mètres sur la gauche après la grille d’entrée de l’usine Wallaert Frères. Avec l’aménagement de la voie principale du port de Santes, la grotte se retrouva sur le côté droit et elle fut détruite peu avant 1991 pour aménager le parking de déchargement des entrepôts Roquette.
Cette construction imposante reproduisait la grotte de Lourdes. Elle fut édifiée en 1951 par les paroissiens du Marais en reconnaissance de la victoire de 1945 et en remerciement que le Marais n’eut pas à subir de grands dommages pendant les quatre années d’occupation.
La société Wallaert Frères propriétaire de tout le quartier céda à la paroisse un terrain environné de bois, situé en bordure de la rue et mesurant 12 m de long sur 15 m de profondeur. Le curé du Sacré-Cœur, Paul BONDUELLE encouragea ses paroissiens, dont bon nombre de jeunes, à réaliser cette construction qui se fit bénévolement. Après avoir défriché la parcelle de bois, dix wagons de ballast furent déversés pour niveler le terrain. La première pierre, apportée symboliquement de Lourdes lors d’un pèlerinage, fut posée le 14 juillet. Les autres pierres provenant de la région minière, soit près de soixante tonnes, furent transportées par les camions de l’usine Wallaert et par quelques cultivateurs avec tracteurs et remorques.
La grotte mesurait dix mètres de long sur six mètres de large et près de cinq mètres de haut. Au centre, la cavité faisait près de 3m80 de long sur 2m50 de haut et abritait un autel. La statue de Bernadette était disposée à gauche et une niche au sommet abritait la statue de Notre-Dame de Lourdes dont l’auréole était composée de l’inscription « Je suis l’Immaculée Conception ». Sur la droite de la grotte, une petite estrade en pierre pouvait faire office de chaire.


IV. LES STATUES


1. Le monument du Sacré-Cœur – rue Gaston Slosse.
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Ce monument a été érigé en 1946 à l’angle des rues Gaston Slosse et Marx Dormoy.
La statue en bronze représente le Christ bras ouverts reposant sur un dôme où sont sculptés les symboles de la Passion : trois clous posés dans un calice entouré de la couronne d’épines. Le bas de la statue porte cette inscription « Sacré-Cœur de Jésus Roi des Familles ».
La statue est posée sur une imposante stèle en pierre précédée d’une plate-forme à laquelle on accède par deux marches. La stèle porte l’inscription « Rex et Centrum Omnium Cordium Paroisse St-Pierre de Santes Gratitude au Sacré-Cœur ». Elle est surmontée d’une croix rayonnante encadrée des années « 1939 1944 ».

Pour ériger ce monument, le terrain fut offert à la paroisse par ses copropriétaires : Sophie DEGRAVE (1866-1952), ancienne agricultrice rue Clémenceau, et sa petite-cousine Berthe GARIN-ROUTIER (1894-1961). La statue fut élevée par souscription des Santois en remerciement de la protection du quartier pendant la guerre et principalement de la rue Marx Dormoy lors des évènements mouvementés de la Libération. Lors des journées qui marquèrent la Libération de Santes du 4 au 5 septembre 1944, des combats très meurtriers se déroulèrent à la Justice et aux limites d’Hallennes et de Santes le long de la RN41. Une colonne allemande stationnant rue Marx Dormoy essuya des tirs de FFI. Les Allemands prirent en otage des habitants de la rue, notamment des habitants des maisons provisoires réfugiés dans une tranchée de la défense passive, d’où ils pensaient que provenaient les tirs. Sur l’intervention de Jean THERY et de son fils Xavier, habitant la villa THERY (185 rue Marx Dormoy), les femmes et les enfants furent relâchés mais les Allemands emmenèrent les hommes qu’ils libérèrent le lendemain.
Le monument fut inauguré et béni le vendredi 28 juin 1946 pour la fête du Sacré-Cœur après une grand’messe d’action de grâces pour la victoire de la France et des Alliés. Le monument fleuri et pavoisé était le but de la procession annuelle du vendredi du Sacré-Cœur en juin (voir page 280). Pendant longtemps il fut entretenu par Edmond PETILLON.

2. la statue du Sacré-Cœur au pied du clocher de l’église St-Pierre.
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Cette statue est une représentation traditionnelle du Sacré-Cœur : le Christ bras ouverts repose sur un dôme où sont sculptés les symboles de la passion : trois clous, un calice, deux fouets et une couronne d’épines. Elle surmonte la tombe de Louis WATTEL curé de Santes de 1882 à 1903. Dans la même tombe a été inhumé en 1955 Paul BONDUELLE curé du Sacré-Cœur de 1938 à 1953. La statue a été restaurée en même temps que l’extérieur de l’église en 2008.


3. La statue de saint Joseph à l’école maternelle Notre-Dame – rue du Blanc Ballot
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Cette statue repose dans une niche ornant la façade de la cour intérieure de l’école. Cette niche avec son arc en plein cintre est encadrée d’une rangée de briques surmontée d’une croix.
Si aujourd’hui le bâtiment abrite les classes maternelles de l’école Notre-Dame, il servait autrefois aux garçons de l’école St-Joseph créée en 1888.
L’origine de cette statue reste obscure. Au départ, on croyait qu’elle se trouvait dans la niche ornant la façade de la mairie-école construite en 1852 où enseignèrent les frères maristes, et que les frères l’avaient emmenée en 1888 pour la placer dans la niche de l’école St-Joseph. Mais la photo des gymnastes prise en 1910 montre la présence dans la niche de l’école St-Joseph d’une statue d’un saint Joseph portant l’enfant Jésus.
En second lieu, il avait semblé que la statue était restée dans la niche de la mairie jusqu’en 1919 et qu’elle en avait été retirée avant que la mairie soit rasée. Au vue des dernières photos, la niche de la mairie abritait en fait en 1919 une statue de l’Immaculée Conception entourée de cette inscription peinte sur l’arcade « Marie conçue sans péché ».
Pour l’instant on peut juste avancer que cette statue de saint Joseph a été placée dans sa niche au lendemain de la première guerre quand la façade de l’école fut restaurée et en partie reconstruite. Elle remplaça probablement la statue de saint Joseph portant l’enfant Jésus, qui dut être détruite en même temps que cette partie de l’école.
Sous la statue, cette plaque a été apposée le 13 septembre 1953 lors des fêtes du centenaire des frères maristes à Santes.

4. La statue de l’Immaculée Conception – Rue Koenig
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La Vierge bras écartés et paumes ouvertes écrase de ses pieds un serpent posé sur un demi globe orné d’un croissant de lune. Elle devint la protectrice des sœurs de la Charité de St-Vincent de Paul qui administrèrent l’orphelinat Wallaert à partir de son ouverture en 1894.
La statue est posée sur un socle en pierre érigé devant la porte principale de l’ancien orphelinat. Sur le socle est gravée cette inscription « J’ai été établie gardienne 1914 – 1919 Hommage de reconnaissance à notre Bonne Mère ». C’est en remerciement de la protection du quartier du Marais, relativement épargné pendant la guerre de 1914-1918, et de la protection des sœurs jusqu’à leur retour en 1919, que fut érigée cette plaque et semble-t-il la statue.
Le socle fut installé à cet emplacement peu après 1925, mais la plaque a été refaite ultérieurement.
Lors des communions à l’église du Sacré-Cœur, les communiants venaient s’y recueillir et réciter l’acte de consécration à la Vierge.

5. La statue de la Vierge à l’école Notre-Dame – 152 rue Foch
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Dans la cour de l’école, à droite de la porte donnant accès aux deux salles de classe du bâtiment faisant face à la rue, une statue de la Vierge est posée sur un socle en ciment incrusté dans le mur. La Vierge couronnée soutient de sa main gauche l’enfant Jésus bras ouverts sur lequel elle pose sa main droite protectrice. Cette statue, rénovée en 2010 par Vincent LAMBOIS, a beaucoup voyagé avant de se trouver à cet endroit.
A l’origine, elle était dans la cour de l’école communale des filles (98 rue Foch – actuellement la crèche A Petits Pas) aménagée par les BERNARD dans une ancienne ferme qu’ils avaient acquise en 1848 pour la transformer en école de filles et en salle d’asile pour les petits. L’école fut tenue par les sœurs de la Sagesse, arrivées à Santes en 1846, qui placèrent la statue dans une niche aménagée sur le mur donnant dans la cour de récréation. La commune ayant acheté l’école en 1858, les sœurs en furent expulsées suite aux lois de laïcisation de 1886. Mais par le retard de l’application de la loi dans les écoles de filles, elles ne partirent qu’en 1893 pour le château de la Blancarderie, propriété des BERNARD qui l’aménagèrent en école. Les sœurs y emmenèrent leur statue qu’elles placèrent sur un socle dans le jardin situé sur le côté du château, face à la cour de récréation des filles. Le château fut détruit durant la première guerre mais la Vierge resta debout sur son socle. Sur le même emplacement une nouvelle école fut reconstruite en 1920-1921 et bénite le 21 avril 1921. La Vierge fut alors déplacée pour être installée au centre de la nouvelle cour de récréation.
       
Lorsque la cour de l’école fut goudronnée en 1960, le socle jugé dangereux fut démoli et la Vierge fut à nouveau déplacée pour être fixée à son emplacement actuel. La plaque qui se trouvait sur le socle fut également ôtée pour être incrustée dans le mur sous la statue. Elle porte l’inscription « Puellis sapientiae hoc asylum aperuit R.D. WATTEL parochiae rector anno domini 1893 » rappelant que Louis WATTEL prêtre de cette paroisse ouvrit cet asile en 1893 pour les sœurs de la Sagesse.