Emile ANCELET (1865-1951)Artiste-peintre
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Emile ANCELET naquit à Charleville dans les Ardennes le 24 mai 1865 de Louis et de Jeanne JURION. Son père était peintre.
Il débuta la peinture à Charleville, où il aurait eu comme professeur en 1879 un élève du peintre CABANEL. En 1885, il vint à l’école des beaux-arts de Lille où il fut élève d’Alphonse COLAS et de Pharaon de WINTER. Il fonda en 1890 avec d’autres peintres la société des Artistes Lillois.
En 1892, une de ses œuvres fut particulièrement bien placée au Salon des Artistes Français à Paris. La même année, la vue des œuvres de SEURAT fut pour lui une révélation. Lui qui avait suivi la ligne classique, il évolua vers le pointillisme et le divisionnisme. Il usa de couleurs pures ou presque pures, le mélange se faisant par l’œil et non sur la palette. Il aimait à raconter que c’était en observant au microscope les ailes de papillons que se confirma sa technique. La vue des petites écailles de toutes les couleurs posées les unes à  côtés des autres lui montra le divisionnisme présent dans la nature.

En 1890, il épousa à Lille Eugénie DEHAYE. Le couple s’installa rue du Marché où naquirent leurs deux filles aînées : Lucie en 1891 et Yvonne en 1893. La famille s’installa ensuite à Santes, rue des Moulins (n°20 rue Clémenceau) où naquit André en 1895. Puis le couple acquit une vaste villa, construite en 1852 par Michel BUISINE dans la rue principale (n°117 rue Foch). La famille s’agrandit alors de trois autres enfants : Eglantine en 1898, Michel en 1900 et Alice en 1905.
Dans cette villa ouverte sur un vaste jardin, Emile ANCELET aménagea son atelier. Son jardin arboré et fleuri fut souvent une source d’inspiration. Mais en 1901, la famille loua la villa et s’installa momentanément sur la place de l’église, à côté du café de la Belle Vue, où Eugénie ANCELET-DEHAYE tint une épicerie. Est-ce pour des raisons financières?


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Maison du peintre. Rue Foch

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Emile Ancelet dans son atelier

Emile ANCELET aimait à communier avec la nature. Ses tableaux ne reproduisaient pas ce qu’il voyait mais ce qu’il ressentait du spectacle de la nature et des vibrations de la vie. Il aimait installer son chevalet au Cornet, à l’Allumette et à la Gîte devant les bois, les eaux, les chaumières, les cieux et la terre qu’il peignit à de multiples reprises au gré des saisons et des heures du jour qui renouvelaient sans cesse la féérie des couleurs. Il peignit aussi des natures mortes, des portraits, notamment de sa femme et de ses enfants, des scènes de la vie quotidienne comme les joueurs de cartes de la partie de piquet, peinte en 1896 dans le café du Ramponneau, voisin de sa villa.
Dans l’église du Sacré-Cœur de Santes, il peignit une pluie de roses sur un panneau en forme de triptyque, posé au-dessus de l’autel de la Vierge, et servant d’écrin à la statue de Notre-Dame de Lourdes.
Il touchait aussi à la sculpture réalisant des portraits en bas-relief et s’adonnait à la photographie. Ses clichés étaient comme ses tableaux un instantané de la vie champêtre, des moments de vie des Santois.
Naturaliste et taxidermiste, sa maison était peuplée d’une multitude d’oiseaux et d’animaux empaillés représentant la faune du nord de la France. Mais sa passion allait avant tout aux papillons. Sa collection comptait plus de 20 000 lépidoptères.

Celui qui fut surnommé « le maître de Santes » fut une figure locale atypique.  Peu après son arrivée à Santes, il se présenta aux élections municipales de 1904 face au maire sortant Charles BERNARD, dont la famille était maire depuis 1848. Pour la première fois, une liste d’opposition, composée de candidats républicains fut constituée face au maire conservateur, notamment avec le soutien de la famille WALLAERT. Il y eut ainsi ballotage pour deux sièges. Emile ANCELET et le radical-socialiste Paul BATAILLE se présentèrent au deuxième tour mais ils ne furent pas élus. Cette candidature ne lui attira pas la sympathie de certains Santois. De plus, son goût pour la taxidermie faisait dire à certains qui le croisaient dans la rue « voilà le diable ». D’autres au contraire se pressaient chez lui pour faire empailler leurs animaux comme les coqueleux du village qui voulaient immortaliser les coqs qui leur avaient permis de remporter de nombreuses victoires.

Emile ANCELET eut la peine de perdre en 1912 son fils Michel mort à 12 ans d’un accident de train et en 1915 son fils André, disparu sur le champ de bataille du bois d’Ailly près de Verdun. Durant la première guerre Santes fut occupée par les Allemands. Avec l’instauration de nouvelles cartes d’identité, il réalisa les photographies d’identité pour le compte de la mairie. En février 1918, il obtint une autorisation des autorités allemandes pour quitter Santes et il rejoignit les Ardennes avec son épouse et ses quatre filles. C’est peut-être là que décéda sa fille aînée Lucie.
Il revint après la guerre à Santes avec son épouse et ses trois cadettes et reprit ses activités artistiques jusqu’à son décès en 1951. Il laissa une œuvre de plus de 3 000 tableaux, aquarelles et pastels. Ses toiles furent exposées de son vivant dans les musées français et à l’étranger. Elles furent vendues principalement à des amateurs, mais il garda les meilleures pour sa demeure et pour ses filles.

Après son décès, le musée des beaux-arts de Lille organisa une exposition rétrospective d’une partie de ses œuvres, honorant cet artiste-peintre, membre fondateur de la société des Artistes Lillois, vice-président de la société d’Ornithologie d’Armentières, Rose d’Or des Rosati de Flandre, Officier d’Académie.


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Tombe du peintre dans le cimetière de Santes

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Emile ANCELET dans son salon avec sa fille Alice au violoncelle.

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Eglantine et André ANCELET peints par leur père en 1902. Ce tableau se trouvait dans le salon de la maison du peintre, au-dessus du piano (voir photo précédente)


La famille d'Emile ANCELET :

ANCELET Emile
24 mai 1865 Charleville (Ardennes) de Louis Emile et de Jeanne Marie Julie JURION
8 février 1951 à Santes.

Il épousa le 29 septembre 1890 à Lille :
DEHAYE Eugénie Marie Pauline
15 mars 1863 Nœux-les-Mines (Pas-de-Calais) de Jacques Onesime et de Clovine Adolphine SAUCOURT
25 mars 1942 Santes

Leurs 6 enfants :

ANCELET Lucie Marie
30 août 1891 Lille
Décédée après 1918.

ANCELET Yvonne Emilie
17 mars 1893 Lille
27 septembre 1985 Puget-Théniers (Alpes-Maritimes)
Mariée le 12 juin 1922 à Santes à Henri Alexandre WAGNER.

ANCELET André Guy
15 mars 1895 Santes
5 mai 1915. Mort Pour La France. Disparu au bois d’Ailly (près de St-Mihiel au sud de Verdun). Soldat au 73ème RI.

ANCELET Eglantine Marie Rose
7 janvier 1898 Santes.
14 janvier 1999 Nice
Mariée le 30 janvier 1950 à Santes à René LECOQUE.

ANCELET Michel
20 août 1900 Santes
18 mai 1912 Haubourdin. Accident de tramway ou de chemin de fer.

ANCELET Alice
12 mai 1905 Santes
17 janvier 1962 Lille.


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Barque sur le marais de Santes en 1896

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Maison au Cornet en 1908. Cette maison toujours existante se trouve rue Marguerite Leplat.


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Cette vue du quartier de l'Allumette a été souvent peinte par Emile Ancelet. Ici le canal BERNARD, le sentier de l'Allumette et la maison d'Angèle CASIER.

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Ici, le sentier de l'Allumette et la maison d'Angèle CASIER.

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Ici le canal BERNARD, le sentier de l'Allumette et la maison d'Angèle CASIER, puis des familles VANDENBERGHE et GAMAS

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Deux tableaux réalisés dans les marais de Santes, lieu de prédilection d'Emile ANCELET

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Auto portrait. 1943

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L'église St-Pierre de Santes peinte en 1924


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La Tortue vue de la rue Marguerite Leplat en 1894




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La ferme du Bois de la Rive avant 1914

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La partie de piquet peinte en 1896 dans le café du Ramponneau à Santes

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La pluie de roses peinte par le peintre Emile ANCELET au-dessus de l'autel de la Vierge dans l'église du Sacré-Coeur à Santes

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La communiante. 1903. 130 x 97. Musée des Beaux Arts à Lille
Ce tableau peint par Emile ANCELET représente une de ses filles lors de sa communion. 
http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PC0XA8OT6

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Le tableau la communiante dans le salon de la demeure d'Emile ANCELET

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Le tableau de la Communiante exposé en 2016 au Musée d'Honfleur dans le cadre de l'exposition "Être jeune au temps des impressionnistes".

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Tableau de l'arrière de la maison du peintre peint en 1943 par Emile Ancelet. On y voit le bow window de son atelier.
Photographie de peintre avec sa famille et ses amis à l'arrière de sa maison.